Il y a ce calme chaud et ces mouvements inaudibles. Dans cette atmosphère sereine les coeurs se sont soudainement asphyxiés. Transi d'effroi dans cette pièce trop acceuillante- je serre ta main moite-ils succombent un à un. L'angoisse, effronterie que l'on ne peut éluder, reste stoÏque. On ne la voit pas, on ne l'entend pas, mais nous sentons tous la sueur froide qui coule long de nos échines. On l'aperçoit lors d'instants fugitifs, elle n'a pas de forme singulière. C'est une masse translucide et contorsionnée qui nous réveille chaque nuit -si tu voyais comme je me cramponne, ta main a pris une teinte violacée- dans un sursaut mélé de poisseur. La réccurence amplifie son geste, lui donnant chaque jour plus de vigueur et de droiture. Dans cette attente insoutenable, nos doigts se crispent, nos ongles accrochent et crissent - je me suis mordue jusqu'au sang- sur le bois balafré de toutes parts. On en voit même qui s'arrachent les cheuveux , mordent dans leur propre chair avec l'espoir qu'elle ce dissipe, la peur. ça n'en finit pas, la ruche continue de se remplir. On est là, tremblotant malgré la promiscuité. Elle poursuit son chemin, se frayant un passage à travers les corps entassés les uns sur les autres-j'appuie ma tête contre ton épaule, secouée de larmes fébriles-et frappe au hasard dans cette orgie d'horreur. Nous on la regarde nopus assiéger, complètement impuissant. L'essaim et la reine. La poussière nous enfume les yeux, les bras suintent et éclaboussent les murs. L'air en s'agitant nous envoie les effluves d'urine imbibée de sang et de selles. On attend toujours-je n'en peux plus, je bascule et heurte le sol de pleins fouet...j'entend des voix dans ma vision impressioniste- et rien ne paraît. C'est alors que l'on entend des gémissements.-il y a une kyrielle de petits points blanchâtres et veloutés, j'ai envie de rire mais le sang a engluanté mon oesophage-Des hommes accourent, une masse s'accumule au pied dune femme...monticule de déambulations ou montagne lui chantant une berceuse_ je me suis endormie-. Une pointe d'émotion les a effleuré. Mais la chère et tendre impératrice reprend le contrôle de la situation. Les voilà de hnouveau sous son joug, recouvrant avec une fénésie démente le corps de la défunte. il n'y a plus d'uniformité, tous se sont éparpillés, reprenant avec ferveur le laborieux trevail et les nuits dénuées de sommeil. C'est mieux ainsi, ils oublient un temps. Il savent pourtant qu'elle est là, confidente torsionnaire, et qu'elle attend aussi...le moment propice. C'est un cycle, un éternel recommencement mais quelqu'un y a échappé. Volontairement ? Qu'en sait on, peut être est ce plausible. Il ne reste plus qu'à tranche, peser le pour et le contre et attendre, comme eux, comme elle. Redondance ?
Beckett a étudié l'interruption. L'homme est un être interrompu qui subit les répétitions, les obstacles plus ou moins pimentés. L'homme qui possède une psychologie plus ou moins altéré en fonction de facteurs très variables alliés à cette sorte de cacochymie ( cacochymie beaucoups plus étendu que ce qui la définie ). Mais les hommes ont au fond affaire ^à des obstacles similaires. On pourrait même dire que l'homme constitue un cycle pour lequel il a été formater : naître, survivre, perpétuer la race, mourir. Après tous Descarte affirmait bien que les animaux étaient des machines, or nous sommes des animaux catégorie mamifère. On pourrait aussi bien clamer le fait que les infinies possibilités, les suites d'évènements aléatoires enrichissant les statistiques sont la preuve irréfutable du clonage naturel qui s'opère. Enfin, la génétique nous codifient, nous ne sommes que nombre, liaison chimique et complexité des molécules.
POURTANT, il faut regarder au delà de cette science deshumanisé. Je suis là, peut être un amas d'adn mais bien présente. Souviens t'en !